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Albums and legends


By Hélène Cixous


French excerpt from Photos de racines:

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Georges Cixous, father of Hélène,
at the Lycée Lamoricière, Oran.
Hélène Cixous

Toutes les biographies come toutes les autobiographies comme tous les récits racontent une histoire à la place d'une autre histoire

Elles ont toujours été là.
Je ne les regarde pas. Ne les ai jamais regardées. Je les "sais" là. Leur présence. Racines. Miennes?
Mes si étrangères racines.

Vieil album dépenaillé. Respecter le dépenaillement. Le dépenaillement est le secret: portrait de la mémoire de famille. Album, mémoire, cimetière, abandonnés. On avance, en semant derrière soi les pierres de deuil. Album d'abandon. Fidèle à l'abandon. Respecter l'abandon. A la question: comment ces objets si frêles ont survécu, ont-ils résisté, résisteront-ils aux dents du temps? ne pas répondre. Et chaque fois en trente, quarante, cinquante ans, où l'on vient à l'album de poussière, chaque fois d'attention, tremble légèrement l'étincelle de peur que la photo qui ne tient plus que par un coin doré usé déchiré, par une pointe de colle vieille vieille, tombe. Certaines sont tombées, dedans. Photos de personnes tombées les unes sur les autres, écroulement d'années, le temps a freiné si brutalement, une ville tombe dans l'autre, une grand-mère de mère connaît un cousin inconnu par un coup de mémoire sans loi.

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Rue Philippe in Oran.
On my father's knees
(with her brother Pierre)
Hélène Cixous

Album en ruines à respecter. C'est la mémoire même. Lieu sur lequel je ne reviens pas. Si on feuillette, c'est distraitement en passant par les photos ouvertes, qui s'effacent pour me laisser passer. Je suis née tellement loin de mes commencements. Je suis le lit du sang. Mon sang lointain, mon étranger, quel chemin nous avons fait...1



English excerpt from Rootprints:

All biographies like all autobiographies like all narratives tell one story in place of another story.

They have always been there.
I do not know them. I have never looked at them. I 'know' they are there. Their presence. Roots. Mine?
My so strange roots.

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Hélène and Pierre
as Esther and Ahasuerus (Purim)
Hélène Cixous

Old tattered albums. Respect for the tatterdness. The tatterdness is the secret: portrait of the family memory. Album, memory, cemetery, abandoned. One goes forward, sowing the stones of grief behind oneself. Album of abandonment. Faithful to the abandonment. Respect the abandonment. To the question: how have these frail objects survived, how have they resisted, will they resist the teeth of time? not to respond.

And each time in thirty, forty, fifty years, when one comes to the album of dust, each rare time of attention, there is a slight trembling of the flicker of fear that the photo which holds only by a worn torn gold corner, by a spot of old old glue, should fall. Some have fallen, inside. Photos of people fallen, one after the other, crumbling of years, time has slowed so brutally, a city falls into another, a grandmother of a mother meets an unknown cousin by a stroke of memory without law.

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Photo: D.L. Mohror
Hélène Cixous

Albums in ruins to be respected. It is memory itself. A place I do not return to. If we leaf through, we do it absent-mindedly, going by the open photos that fade to let me pass. I was born so far from my beginnings. I follow the bed of the blood. My distant blood, my foreigner, what a way we have come…2




1 Photo de racines (Paris: Éditions des femmes, 1994), 180-181.

2 Rootprints: Memory and Life Writing Trans. by Eric Prenowitz (London: Routledge, 1997), 170-80.





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